Mercredi 11 Novembre : la terre, le riz et l'eau

Nuit encore très courte et intermittente.

Debout à 6 heures puis bus pour lever du drapeau au foyer Lataste à 6h45. Le lever du drapeau est une façon différente de débuter la journée, une idée pour nos écoles et entreprises dans le cadre de la lutte contre la panne de réveil et la déprime « décliniste » française ?

 
Lever de drapeau au petit matin









Petit déjeuner dans la maison « française » daccueil des expatriés volontaires et visiteurs du centre. Ici au centre sont accueillis des enfants en rupture avec leur famille, le plus souvent abandonnés. A 40 km de la frontière Thaî, il nest pas rare de voir les parents déserter la maison pour travailler en Thaïlande et laisser les 3 ou 4 enfants livréà eux-mêmes. Via les travailleurs sociaux qui font les constats de ces situations dans les villages, le foyer Lataste accueille ces enfants.
Les enfants sont accueillis depuis peu dans des maisons familiales : le foyer met à disposition une vraie maison à un parent salarié du centre qui accueille toute sa famille 3 à 5 enfants en général plus 5 autres enfants du foyer. Cela fait des maisons colonie dune dizaine denfants, une formule qui fonctionne depuis quelques années. Notons quil ny a plus dorphelins au Cambodge, mais des divorces, des abandons

Le foyer est une petite ville intégrée avec beaucoup de maisons daccueil, internat autonome pour les plus grands, cuisine, cantine, divers bâtiments collectifs. Il est situé sur le chemin des écoles et donc la classe est accessibles immédiatement. Tous les salariés sont logés sur place. Je trouve formidable cette intégration. Il y a même une  rizière de 7 hectares qui assure une autonomie en riz du foyer. Nous visitons la rizière en camion brousse avec explications sur les procédés de culture par les animateurs cambodgiens chargés de la rizière. Sisophon est une région plate gorgée deau, cest un grenier à riz du Cambodge. Cest un moment très sympathique dans la nature où lon mapprend les subtilités de la qualité des différents riz. 1Ha produit deux tonnes de riz par an (350$ la tonne) en une seule récolte : ici on ne fait pas de riz en saison sèche. Dans certaines régions indiennes (Kerala) on plante et récolte le riz trois fois par an

Déjeuner à la cantine du foyer. Suite de la visite puis réunion animée sur leurs projets dont un agricole (doublement des rendements de la rizière) qui ne semble pas bien ficelé… Nous faisons nos adieux aux Labourier et aux nombreuses personnes qui nous ont accueillis. 
Activités manuelles au foyer Lataste 

La cuisine actuelle de la cantine du foyer Lataste : recherche financement pour mise aux normes …

La fondation familiale « Héloise Charruau » cofinance un bâtiment d’internat du foyer Lataste

Puis bus accompagné par Lo vers  un village équipé récemment dune station d’épuration 1001 fontaines (Voir mon topo daté du 12 novembre sur cette ONG) de la région de Battambang (2ème ville du pays après la capitale Phnom Pen).
Je nai pas noté le nom exact du village, mais le trajet vers la station d’épuration est très éclairant et éprouvant pour certains. Le village est totalement enclavé avec des pistes daccès très cabossées où lon avance très lentement. Nous avons dû descendre plusieurs fois du minibus et terminer en marchant notre expédition. Certains morceaux de piste sont en reconstruction et il a fallu faire des détours qui nous ont fait passer dans des villages très (très) pauvres. Partout, les cahutes en bois très frêles bordent la route, du plastique et des ordures en masse (pas de gestion du ramassage), les hommes cohabitent avec les animaux, les enfants sont là très visibles au lieu d’être à l’école, etcLarrivée dune eau potable accessible dans cet environnement constitue donc un saut sanitaire. Les matériaux de construction se précarisent considérablement dans les village accessibles uniquement par piste. Lorsque le bitume est là, les maisons sont construites majoritairement en dur et lamélioration des conditions de vie est significative et visible.

Arrivé à la station d’épuration,  Lo et Jean-François Rambicur (Fondation Arceal et aussi président de 1001 fontaines en France) font un brillant exposé sur les procédés de fabrication deau et répondent à nos nombreuses questions sur la commercialisation, la distribution et le financement de leau potable. 

En route vers des villages ruraux enclavés, accessibilité réduite
H2O à la source


Avant/Après

Epuration étape 1

Epuration étape 2

Jean François Rambicur et Lo Chay, les pères
d'O-we : la marque commerciale du projet 1001 fontaines

Lo et H2O

Le Bizness 1001 fontaines encarté


Diner à Battambang au siège de 1001 fontaines. Lo et son équipe nous ont préparé un buffet cambodgien. Je discute avec un jeune salarié qui est issu du foyer Lataste où il a appris un peu de français avec papa Denis (Denis Gimenez que nous navons pas rencontré) et où il a connu Lo.

Arrivée tardive à lhôtel du Cabaret Vert tenu par un français des Ardennes marié à une Cambodgienne.


Au cours de notre réunion journalière de "debrief", Daniel Shanté (Fondation Rue des Iris) partage son émotion et un sentiment de « déprime »  après avoir parcouru l’étendue de la misère rurale rencontrée cette après-midi et du travail restant à accomplir. Cette visite a effectivement marqué tous les esprits.

La suite par ici...

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