Lundi 9 novembre 2015 : Journée Sala Baï


Nous sommes reçus par toute l’équipe de Sala Baï en particulier Claude Colombié qui dirige le centre de formation de Siem et Emmanuelle Dethomas qui dirige l’association de collecte de fonds « agir pour le Cambodge »
La genèse de l’association remonte à 1998. Beaucoup d’ONG sont actives depuis la fin de la guerre et la normalisation du pays avant le tournant du millénaire. Le centre Sala Baï est géré par l’association « agir pour le Cambodge ». Le centre est spécialisé dans la formation professionnelle aux métiers du tourisme de jeunes de 17 à 23 ans.

Le choix de l’activité touristique à Siem (Angkor) est lié à la très forte demande et croissance de ce secteur économique. Le recrutement des élèves comprend 70% de filles afin de lutter contre les discriminations et le trafic humain et sexuel. Le bassin d’emplois de Siem comprend 500 hôtels et 650 restaurants en croissance de 15% par an depuis plusieurs années. Le placement des élèves en stage ou fin de cursus est donc garanti.
4 millions de personnes ont visité le Cambodge en 2014. Le tourisme est désormais à 65% chinois.  France = 150 000 visiteurs par an (1er en eu).
Le restaurant et l’hôtel « école » font le plein pendant les 6 mois de l’année touristique : de novembre à avril. 5000 à 6000 couverts par an. Sala Baï est recommandé par tous les guides  lonely planet, Guide du Routard ( P. Gloasgen  est administrateur d’agir pour le Cambodge). Fermé du 15/7 au 15/10.

Sala Baï forme en un an un équivalent CAP aux 4 métiers de base Cuisine, Réception, Table, Chambre et nouvellement ajout d’une spécialisation SPA en lien avec la construction du nouveau bâtiment.
On compte 5 programmes de formation professionnelle aux métiers du Tourisme au Cambodge dont 4 sont français…
L'école est multifonctions avec Hôtel, chambre suite et restaurant pédagogique. Le budget annuel tourne autour de 400K$ dont 300K$ FR et 100K$ étranger

Du fait de la croissance et du succès de l’école, les locaux actuels sont très exigus (ex la salle des prof de moins de 10 m2 accueille simultanément une dizaine de professeurs et autant d’ordinateurs, à l’heure chaude dans les cuisines, on se marche sur les pieds…).
Sala Baï va donc déménager pour plus vaste et plus fonctionnel.

Prise de notes au lever du drapeau

Le réseau électrique est gérée par une compagnie nationale corrompue et…
dans un grand désordre


Fish amok : le plat national

Les fines équipes de Sala Baï : une organisation impeccable




Les Travaux de la nouvelle école :

Ils sont en fin d’aménagement, les élèves arrivent dans les lieux en janvier 2016.
Nous visitons ce très beau projet. Il s’agit d’une extension à 1,1 km du centre-ville en bord de rivière.
Sala Baï a acheté un terrain de 2700 m2  en longueur  90 * 30m, calibrage pour accueillir 150 élèves vs 108 aujourd’hui. L’emplacement de centre-ville actuel date de 2001 et n’est effectivement plus adapté.
3 personnes clef pour le projet Architecte (française), le  maitre d’œuvre (parle français) et l’entreprise générale de construction.

3 bâtiments restaurant&cuisine& cantine, école, et ancienne villa hotel+spa reconverti (première formation spa au Cambodge)
Sala Baï inc est titulaire d’un titre officiel de propriété cadastré, c’est un exploit dans un  Cambodge où l’administration est aisément corrompue.

Nouveau bâtiment flambant neuf
 Planning du projet :
Janvier 2014 : acquisition du terrain
Nov 2014 : choix du prestataire après appel d’offres, entrepreneur anglophone et francophone.
Emménagement début 2016.
Budget d’investissement tout compris : 1M$ dont près de 50 % pour le terrain. Sont intervenus des conseils et cabinet d’avocats pro bono car opération complexe. Aucune aide du gouvernement mais l’Administration a été cependant tatillonne (comment souvent quand elle est inutile).
A noter le problème du change € vs $ qui plombe les ONG européennes en ce moment.
Budget de fonctionnement 400K€ par an. Cout moyen d’un élève 2600€ /an. Staff 29 personnes dont 3 VSI. Salaire prof 300 à 500$ par mois

Nouveau projet d’internat, moins lourd que celui de l’école. Il peut se faire via un bail sur 15 ans. Budget prévisionnel 250K$.
Multitudes de partenariats (avec une coopération « concurrentielle » parfois) entre ONG de formation professionnelle et d’action sociale.
Le partenariat principal avec les « enfants du mékong » dont les travailleurs sociaux assurent les enquêtes famille sur le terrain.
Pour les financements, ion observe une diversification internationale récente Australie, Singapour, Etats-Unis. L’autofinancement représente 35% du total  (restaurant + hôtel).
Demeure le problème du niveau de salaire très bas en sortie de formation (80 $/mois, 250 $/mois après quelques années d’expérience) : classique dans le secteur du tourisme mais assez accentué à Siem.


Processus de recrutement des élèves :
Sala Baï organise des campagnes radio + flyers et affiches dans les villages.  Sala Baï  demande aux candidats de venir via « la débrouille » à Siem pour passer une grille de tests (critères d’orientation non discriminants) puis revue, par les travailleurs sociaux, de plus de 350 familles (critères objectifs : équipement matériaux de construction de la maison, moyen de locomotion…). Sélection finale de 108 élèves sur des critères sociaux quasi exclusivement. Elèves issus de familles à l’arrêt, horizon projection court, le futur c’est aujourd’hui. Intégration en septembre avec formation à la compréhension et aux dangers du métier.


Petit déjeuner et déjeuner cambodgiens excellents au restaurant-école.
Diner dans un restaurant plutôt chic de Siem…  C’est normal après cette journée sur la formation/apprentissage à l’univers des grands hotels …  

La suite par ici...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire