Nuit moyenne
avec lever
vers 7h, je vais chercher quelques dollars, le soleil est déjà de plomb. Impossible de traverser la rue, même pour un parisien, il y a un flux continu
de 2 roues, de Tuk Tuk et divers engins bariolés…
RDV et départ de l’auberge à 8h30 pour visite de l’école de Bayon de formation professionnelle en patisserie.
Un très beau bâtiment qui accueille une vingtaine d’apprentis. Les objectifs, modes de
fonctionnements et le recrutement sont un copier-coller de ceux de Sala Baï vu
hier. Ils ont aussi monté un
« biz
social » un
petit clone de Starbucks mais en plus authentique et bien meilleur. On y prend
un délicieux
petit déjeuner
pendant que la directrice qui vient de prendre son poste (Claire) nous explique
avec un peu de stress son activité. La famille Pasquier remet son trophée via fondation Natan, photos…
Puis minibus vers l’école primaire du Bayon qui se trouve au
milieu des temples d’Angkor.
Là petit imprévu, il faut payer un ticket d’entrée (20 $ ce qui représente beaucoup ici…) pour visiter l’école. Ce n’est pas grave, c’est mieux qu’un temple !
L’école du
Bayon est gérée par une ONG et accueille les enfants
des marchands des temples d’Angkor.
Le site est assez éloigné de Siem et les parents ne pourraient
scolariser leurs enfants sans cette école providentielle. Une multitude d’élèves en uniforme nous accueillent dans des classes avec
enseignement à l’ancienne : élèves en uniforme en rang, récitation par cœur en groupe…. On va à la cantine, lavage de mains pour les
enfants et ils avalent un plateau de riz par terre. Il y a un besoin de tables
pour cette cantine. On fera le même repas mais sur une table un peu plus tard. Je cause
avec des bonzes dans un anglais approximatif. Cérémonie n° 2
pour la famille Pasquier avec remise de prix de son Natan bike tour,
sympathique.
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| Cambodia is our oyster |
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| The world is their oyster |
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| Cantine : tous assis |
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| La cantine des bonzes et apprentis |
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| Dear old school |
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| Volley Ball : sport national |
Puis transfert
Minibus vers Sisophon à 40
km de la frontière.
Rencontre avec l’évêque de
Battambang le père Enrique Figaredo. Un jésuite,
dans la région depuis plus de 30 ans qui parle khmer. Il est espagnol et bien sûr parle aussi un anglais impeccable. Un homme qui a passé sa vie à faire de l’action sociale sans velléité missionnaire (il y a à peine 30 000 catholiques au Cambodge
dont 22 000 d’origine
vietnamienne). Il a monté des
centres pour handicapés
physiques en particulier post guerre lié aux mines. Il a traité internationalement ce problèmes de la production et de l’usage des mines (30 accidents par
semaine dans les années
90). Il
nous alerte sur le nouveau problème des bombes à fragmentation qui sont en train de faire des ravages sur
les populations civiles sur lieux de conflits. Il achève sa conférence avec un goodies marketing de son
cru : un jésus
crucifié avec une
jambe en moins…
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| Enrique Figaredo (à gauche) |
Puis bus vers le
foyer et centre d’accueil
d’enfant et de formation professionnelle Lataste. On revoit là tout une série de gens très sympathiques que l’on a déjà croisés à Siem
(Patricia et Georges Labourier). Bon exposé sur l’activité du centre fait par Anaïs
Gallo-Bragatto une jeune VSI dynamique. Puis spectacle et témoignage d’anciens élèves qui passe bien dans le groupe. Repas délicieux et simple au milieu des enfants
suivi, en fin de journée,
d’une boom
improvisée avec les
gamins.
Un français parrain régulier d'enfants du foyer nous explique des choses très
intéressantes
sur la rapidité de l’évolution
économique
du Cambodge depuis 10 ans et sur l’intérêt d’un suivi à long terme du parrainage. Je rencontre pour la
première fois Lo
Chay quarante ans, issu d’une
famille pauvre et rurale de 5 enfants, aujourd’hui patron opérationnel de 1001 Fontaines, ingénieur spécialisé dans l’eau ayant fait ses études à Phnom Penn et en France, où il
a croisé les
Labourier, un grand monde d’entraide
pour un parcours improbable et extraordinaire.
Retour vers
20h30 vers la ville de Sisophon pour réunion de débrief dans un hôtel banal. Puis je rédige ces notes.
Demain lever du
drapeau au foyer Lataste à 6h45…
Note sur la mémoire du génocide : Il semble que la génération qui a souffert du génocide
perpétré par le régime khmer rouge (1975-1979) n’a pas réellement transmis sa mémoire. Le traumatisme est encore immense
les survivants se sentent coupables. Il y a des difficultés et la peur d’en parler. Il y a eu peu de procès, d’anciens Khmers rouges sont toujours au commande de l’Etat. Il n’existe qu’un lieu de mémoire : le musée du S21 à Phnom Penh. Il n’y a pas d’enseignement dans les écoles. Par ailleurs la très faible reconnaissance internationale
du génocide et
la culpabilité en
Occident d’avoir formé et soutenu le régime khmer rouge (voir par exemple cet
article sur la complaisance d’ intellectuels aveugles) ne favorise pas le travail de mémoire. Voir aussi sur ce sujet l’interview du cinéaste Rithy Panh.
La journée a été très dense, bien remplie, je suis ravi.
Nous avons croisé plein d’enfants plutôt bien portants, discuté avec des profs khmers, khmers francophones plus rarement, avec les VSI de jeunes
volontaires qui donnent un à deux
ans de leur vie pour une ONG, des responsables francophones locaux, des tas de
volontaires bénévoles d’Asie du Sud Est (philippines), l’évêque de Battambang qui parle khmer et a vécu plus de 30 ans dans la région. Bref une foule de profils que l’on ne croise pas ordinairement… Difficile de rentrer travailler et se
motiver pour faire du géomarketing.
Mais il faut se dire que c’est
avec nos activités de tous les jours que l’on peut
leur apporter un peu de soutien.







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