Dimanche 8 novembre : "le cambodgien regarde pousser le riz"

La nuit fut un peu courte mais ma cependant permis de tenir le coup toute la journée. Petit déjeuner (café + fruits délicieux ) avec 8 personnes dont Emmanuelle Dethomas qui a vécu au Cambodge 2 ans et soccupe de lassociation « agir pour le Cambodge » depuis plus dune dizaine dannées. Emmanuelle nous dit que le Cambodge est un pays de cocagne du fait du climat, il pleut beaucoup et il fait chaud : tout pousse, le riz, les fruits, les rivières sont pleines de poissons. Donc au Cambodge, il ne faut pas être surpris de voir des gens qui travaillent peu ou mollement. Hors période de guerre (Cest à dire près de 40 ans au cours de la seconde moitié du 20ème siècle), La vie est plutôt dilettante. "le vietnamien plante le riz, le cambodgien le regarde pousser et le laotien l'écoute pousser.".

Un pays de cocagne (Hors période de guerre)
   

 




  



A 9 heures du matin cest une pluie diluvienne qui sabat sur Siem Reap (idem à la tombée de la nuit 17 heures). Nous allons donc en Tuk Tuk au musée de Siem : présentation des racines Indouistes de la culture  Bouddhique, histoire de Siem et de lessor et apogée des temples dAngkor 8ème au 14ème…  Puis Tuk vers le marché, dédale de boutiques diverses dont beaucoup à touristes, salon de massage où lon trempe ses pieds dans un aquarium avec des poissons carnivore qui vous croque les peaux mortes etcDéjeuner dans un boui boui à proximité du vieux marché puis visite dun temple « moderne » à touristes mais vide. Vers 16 heures, Le groupe se sépare entre les fatigués et les irréductibles dont je fais partie ; visite dun temple en activité, cette fois en mode très local où lon assiste avec Carole Pécoux à une célébration avec bonzes psalmodiant et surtout une très forte participation. A lextérieur des gamins samusent à remettre ensemble les paires de sandales, le casse-tête avec plus de  300 personnes…  Visite du temple adjacent, plus vieux, désaffecté mais très beau. 



Retour en Tuk à lauberge, je  me délasse dans la petite piscine deau salée, très agréable. A 17 heures réunion de présentation, « kick off » du voyage. Jean- Marie Destrée et Yolanta Czech de Caritas organisent de petites animations brise-glace pour que lon se connaisse mieux dans le groupe. Je maperçois que peu ont vu ma seule référence « la déchirure »…   Puis temps libre où je commence à rédiger ce journal.

Chaleur très humide 27 à 32°, il faut vivre avec les ventilateurs, la climatisation est très agréable sur le coup mais mortelle en contre coup lorsque lon sort. Donc raisonnable, je privilégie le fan au plafond

Diner dans un restaurant très chouette recommandé par Emmanuelle où jai la chance de manger un poisson cuit au sel dans une feuille de banane et dans un four de sable. Retour vers 21heures 30 à lAuberge. Je dine à coté de Claude Colombié un français qui a travaillé dans le secteur du tourisme dans divers pays. Il a pris un virage humanitaire il y a trois ans pour manager l’école de tourisme de Sala Baïe à Siem. Je note les points : ils reçoivent 500 demandes par an pour une centaine de places dinternes. Ils font une petite pré-sélection sur dossier et motivation mais ils vont voir 400 familles afin de sélectionner les familles les plus déshéritées. Cest donc la sélection par largent mais dans le sens opposé !  La formation dure un an en alternance (7 mois à l’école, 5 mois en entreprise) et équivaut à un CAP tourisme. Le PIB du Cambodge est alimenté à hauteur de 15% par le secteur du tourisme. Siem est le bassin demploi/formation le plus spécialisé sur ce secteur. Lassociation ONG Sala Baïe (association « Agir pour le Cambodge ») ne perçoit rien de l’état cambodgien mais elle a un agrément de reconnaissance. On compte près de 400 ONG françaises sur un total de 3000 pour le seul Cambodge dont 1200 sont actives. Il y a un très faible engagement de lEtat cambodgien sur des sujets qui relèvent normalement de son autorité mais quil na pas les moyens de soutenir.

Demain je serai préposé « greffier preneur de notes » lors de la visite de l’école Sala Baï : l’école dapprentissage des métiers du tourisme pour jeunes filles de milieux sociaux très défavorisés qui nont pas les moyens de financer ce type de formation. On fait le lever du drapeau et lon va parler avec des profs et des élèves. Le manager Claude que jai croisé au restaurant est français et ne parle pas le Khmer mais tout le corps enseignant est cambodgien bilingue khmer/anglais ;

A propos du déclin de la pratique du français au Cambodge, on peut lire cet article, il ny pas cependant toutes les réponsesSelon certaines hypothèses, lors des accords de Paris (1991), la France naurait pas insisté à imposer sa langue dans un pays exsangue après vingt ans de guerres civiles, frontalières et génocide. La raison est peut être cependant assez simple ; un problème de distance physique. La France est loin, beaucoup plus éloignée du Cambodge que de lAlgérie et du Maroc

Je stoppe là pour aujourdhui car je sens lattention décroitre. Et puis je ne suis pas payé au kilomètre, malheureux marathonien que je suis Angkor !
  
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