Jeudi 12 novembre : Caritas gang à Battambang

Bonne nuit ce coup-ci aidée par un cachet. Le croassement des grenouilles de la piscine végétale de lhôtel restera un souvenir
Petit déjeuner à lhôtel avec JM Destré, On aborde clubhouse France qui vient de gagner 500 Keuros sur un appel à projet « la France sengage » pour lessaimage du concept. Un centre est prévu à Paris Sud, un autre en province. Le cabinet daudit a rendu ses conclusions, il faudrait revoir Céline Aimetti ?... A suivre avec linitiateur du sujet à la Fondation Archambault (Rémi)

Autour de 8 heures 30 nous partons en minibus pour le premier centre  de production dH2O de la journée dans un village au sud de Battambang. Visite du centre assez ancien, pompage rivière et filtrage pour production. Le centre est situé au sein dun groupe scolaire. On ne voit pas les enfants du primaire qui bénéficient de leau car ce jour-là il ny a pas assez dargent pour payer les instituteurs ! Il y a cependant les collégiens mais le collège est envahi par les ordures, comme partout ici les gobelets plastiques jonchent le sol. Il ny pas de poubelles ni de services d’évacuation. On traverse un pont suspendu sur la rivière Sangker voisine, ambiance rivière Kwai. Retour à la station deau et lon sentretient avec lentrepreneur qui gère la station. Nous faisons une deuxième visite de station près du Banan temple et lon échange là aussi avec lentrepreneur et sa femme maire du village : la région vit une forte immigration de travail vers la Thaïlande qui déstructure les familles.
  
Les plaies cambodgiennes : une école fermée sans enfant car « pas de sous aujourd’hui pour payer les instits ». Voir aussi les déchets plastiques épars jonchant le sol ; pas de collecte efficace des ordures

En attendant l'école…

Qu’on se le dise..


Visite du temple Banan non loin, sur des hauteurs (marches raides en pleine chaleur où des gamins nous éventent lors de la montée). Le site fut une ancienne batterie vietnamienne pendant loccupation du Cambodge par le Vietnam. On sest beaucoup bagarrés dans cette partie Nord-Est pendant vingt ans de 1979 à 1998, lors de la retraite des khmers rouges proches de la frontière Thaï. Retour vers Battambang, déjeuner dans un restaurant en ville avec et recommandé par Lo. Puis à nouveau visite des locaux du siège de 1001 Fontaines à Battambang et exposé H2O de Lo (le bien nommé directeur opérationnel cambodgien du programme 1001 fontaines). Cette ONG est bien structurée, une petite PME avec de ladministratif, de la R&D, de lopérationnel

Retour à lhôtel pour détente piscine, puis à 18 heures départ pour un spectacle dacrobaties spectaculaires où lun des acrobates vient faire des bisous à Jean François et moi-même dans le public en nous interpellant en Khmer, nous sommes très à laise dans cette démonstration affective ! Diner cambodgien en ville dans un immense restaurant.





Topo sur 1001 fontaines

Nous avons visité 3 stations d’épuration et les locaux du siège de Battambang.
On dit que lon boit 90% de nos maladies. Leau est un enjeu sanitaire de base. 1001 Fontaines produit localement de leau de boisson sur la longue période.
1001 Fontaines vise à alimenter en eau potable 1M de cambodgiens ruraux à horizon 2020 (objectif de 250 stations vs 136 aujourdhui).

Missions :

1/ assainir leau, 2/ pérenniser la production (créer des sites de production, les administrer et les maintenir)  3/ assurer la distribution.

1001 Fontaines a créé une système de production simple deau potable par ultraviolet et faiblement consommatrice d’énergie durable via panneaux solaires. 
Ils gèrent un réseau dentrepreneurs sous franchise. Chaque entrepreneur soccupe dune station et  couvre une  zone de chalandise de 7 km. Il  livre de 50 à 150 bonbonnes de 20l (20 cents la bonbonne) par jour.
1001 Fontaines distribue prioritairement dans les écoles avec un objectif dacculturation des familles à leau potable via la prescription par les enfants.
Le budget consacré à leau par les familles ne doit pas être rédhibitoire (<5% du budget alimentaire total).

Organisation :

A Battambang le siège de 1001 fontaines comprend une vingtaine de salariés cambodgiens. Les fonctions du siège comprennent la comptabilité/finance, la production, animation, suivi des sites et la R&D avec un projet de station de pompage plus avancé par micro filtration. Le bureau de Phnom Penn suit lactivité de la moitié des stations. Lo dirige le tout et partage son temps entre Phnom Penn et Battambang.
1001 Fontaines est aussi implanté dans le Nord Est de Madagascar avec une dizaine de stations et un staff malgache danimation/maintenance. Il y a aussi une activité en Inde.

Les implantations sont choisies prioritairement en zones rurales qui nauront « jamais » (ou avant très longtemps) accès au réseau deau potable.
Les implantations péri-urbaines sont possibles si le réseau urbain nest pas développé.
En ville leau purifiée coule au robinet.

La station est équipée dun processus de pompage, décantage et de filtrage. La capacité de production dune station  est de 1200 litres à lheure, 2 à 4 emplois par centre, 1litre = 1 cents.
Au Cambodge, on ne fore pas, on prend leau qui affleure dans les rivières, les mares etc



Marketing et Marché :

Création de la marque locale de distribution OWE. 1001 Fontaines vient de gagner le prix du public dun concours Google France.
Le prix de vente est fixe, non négociable. Il couvre le coût de production du distributeur. Il ne couvre pas linvestissement et la première année dactivité de la station.
Il y a une concurrence qui semble aligner son prix de vente sur celui de 1001 Fontaines.

Données de consommation : en moyenne 1,5 litre par jour et par personne, une bonbonne de 20l dans une famille dure 3 jours.

Données de vente : les entrepreneurs que nous avons vus vendaient 50 bonbonnes par jour en saison de pluies (ils sont alors juste à l’équilibre) et 150 bonbonnes en saison sèche (et sont alors profitables).
Le distributeur le plus actif du réseau vend en moyenne 150 bonbonnes par jour en alimentant 450 familles, soit un chiffre daffaires journalier de 30$ et mensuel de 1000$. En comptant 6 personnes par famille, 250 stations qui alimentent 450 foyers couvrent 675 000 personnes, lobjectif 2020 de 1M de personnes couvertes semble un peu surestimé.

Distribution :

Nous avons visité 3 sites ouverts entre 2007 et  aujourdhui, la technologie d’épuration a évolué et les sites les plus récents sont mieux équipés.
La station est implantée sur un terrain donné par la mairie, souvent à proximité de l’école primaire et bien sûr du point de pompage.
Nous avons discuté avec des entrepreneurs qui cumulaient la gestion de la station avec une fonction de maire/chef de village.
Les livraisons sont faites à laide de machines à tracter ou tuk adapté. L’état des route ne permet pas daller livrer au-delà de 7 km.
Certaines livraisons sont faites sur des points relais ou les foyers viennent chercher leur bonbonne.
  
Financement, soutien :

Budget annuel de la structure 1001 Fontaines 800 K$ par an, financé par de nombreux partenaires privés (Danone Véolia), institutionnels et la générosité du public.
Exemple de besoins de financement
·        dune station dans un village = investissement de 25K(couvre tout + fonctionnement de la 1° année)
·        parrainage pour avoir de leau dans les écoles (à condition 1 $ par élève pour un an , 600 $ par an pour une école avec en moyenne 600 élèves). Ce type de parrainage vise aussi à accélérer ladoption de leau dans les familles.
·        projet de R&D exemple filtrage en nano filtration

A noter : Lo Chay et Emmanuelle Dethomas se sont mis daccord pour un échange de bons procédés entre Sala Baï et 1001 Fontaines : Lo va publier les affiches de recrutement de Sala Baï dans les villages équipés dune station d’épuration.  Sala Baï transfèrera les informations daccès à leau lors des enquêtes sociales auprès des familles des élèves candidats.

La suite par ici...


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