Lever 6h petit déjeuner tôt seul et piscine de bonne heure (ici on
se couche très tôt et la vie redémarre à 4/5 h du matin.
Minibus vers le
centre d’accueil
pour handicapés : Arrupe Centre.
Le centre
Arrupe
Nous sommes
accueillis et pilotés
par une jeune volontaire espagnole parlant anglais et khmer et présente sur le site depuis un an.
Il y a 3 évêchés au Cambodge et 30 000 catholiques dont
22 000 d’origine
vietnamienne. Pour la région de Battambang, on compte 15 prêtres et 25 églises.
Histoire et géographie du lieu
Le père Enriqué Figaredo a travaillé de 1985 à 1998 dans les camps de réfugiés Cambodgien en Thaïlande.
Le terrain du
centre a été racheté en 2000 par le père Enrique au retour de camps pour accueillir
la population blessée
de guerre et handicapée
post conflit (Mines).
Ce quartier de
Battambang est œcuménique avec ici des catholiques et leur église et juste à côté des
musulmans et une mosquée.
La vie de ces minorités
semble désormais apaisée.
Le père a aussi développé une structure équivalente
à Phnom Penh
et bénéficie de sa longue implantation auprès des khmers, de sa connaissance de la langue et de
son réseau
international jésuite.
La prise en charge du handicap
Le centre est
ici consacré à l’accueil des handicapés : on compte encore 5 accidents par
semaine sur les mines. Le Cambodge a été intégralement miné pendant les années de guerre. Les mines sont particulièrement meurtrières pour les enfants car elles ont des
formes de ballons/jouets. Le centre accueille une vingtaine d’enfants scolarisés et une trentaine d’apprentis. Les jeunes qui viennent de
subir un accident ne sont pas prothésés
tout de suite, il y a une période de préparation/adaptation psychologique d’au moins 6 mois après l’accident.
Le staff Khmer
du centre est composé d’une cinquantaine de personnes dont
beaucoup ayant eux-mêmes
un handicap et avec une bonne connaissance/expérience de la prise ne charge du trauma
sur longue période. Le
staff s’occupe de
près de 500
personnes et de leur famille qui bénéficient
de ce support social.
Le centre gère aussi une activité de scolarisation primaire dans 17
villages autour de Battamgang avec prise en charge de besoins alimentaires
(subvention riz) lorsque la scolarisation d’un enfant coupe sa famille d’un revenu indispensable. Les salaires
des enseignants sont pris en charge par le centre car l’Etat est souvent défaillant dans le primaire.
Il y a 3
structures collectives de base pour l’accueil dans les villages ; l’existence d’une école
est très souvent
couplée avec un
dispensaire et un temple.
Le centre a une
vocation sociale exclusivement. Il n’y a pas de formation religieuse pour les enfants qui sont
bouddhistes. Le centre fait 500 baptêmes par an.
Une économie intégrée pour un retour à l'autonomie
Progressivement
les activités socio-économiques du centre se sont diversifiées.
Une usine de
textile (très moderne)
donne du travail à des
personnes handicapée.
L’usine
produit des textiles pour des groupe comme Mark& Spencer. Elle a été montée
après des tests de faisabilité à Phnom
Penh et résulte d’un partenariat entre un homme d’affaires espagnol et l’évêché.
Le centre gère aussi
une activité de
scolarisation primaire dans 17 villages autour de Battambang avec prise en
charge des besoins alimentaires (subvention riz) lorsque la scolarisation d’un enfant coupe sa famille d’un revenu indispensable.
Le centre gère des ateliers et une boutique d’artisanat. Il a récemment monté dans Battambang un restaurant social
(nourriture espagnole !)
où nous avons fait un délicieux déjeuner : les murs du « lonely tree café »
sont décorés d’un
même motif photographique ; un arbre dans une rizière à diverses époques
de l’année. La photographie est un des hobby de
notre évêque
jésuite qui,
décidément, cumule les talents. Le restaurant
nous sert un délicieux
gaspacho et « croque
monseigneur » calibré pour les estomacs européens. Beaucoup de groupes occidentaux ou
australiens visitent ces réalisations : nous avons croisé un groupe français du CCFD. C’est un vrai groupement d’intérêt
économique
tourné vers les
handicapés. L’idée est d’acquérir l’autonomie dans une société où le handicap est très pénalisant
et stigmatisé.
 |
| L’église de Battambang avant et après Pol Pot |
 |
| L’usine de textile pour handicapés |
Autour de 14 h nous
faisons nos adieux à Lo
(1001 fontaines) qui nous a piloté ces trois derniers jours et aux VSI du centre Arrupe. Puis 3
heures de bus pour retour à Siem
où nous réintégrons l’Auberge du Mont Royal. Sieste et diner
dans un restaurant plus chic non loin de là.
Couché autour de minuit 30,
Mais cette nuit
c’est un réveil particulier à 6 heures du matin, les mails arrivent en
chaine avec 6 attentats simultanés de l’Etat Islamique dont un particulièrement meurtrier au Bataclan et un sur
la terrasse d’un
restaurant « au
petit Cambodge ». Au
total le bilan est très
lourd 130 morts et des centaines de blessés. Une tuerie à l’aveugle
par des kamikazes français téléguidés par le lavage de cerveau djihadiste
de l’Etat
Islamique.
Il est surréaliste de se trouver ici : des fous sèment la panique dans Paris, un des plus
beaux endroits du monde, un vendredi 13 en invoquant la Syrie…
Il faudrait
envoyer les candidats fragiles au djihâd en poste VSI dans une ONG rural pour une relativisation
de la situation française.
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